La Serpe – Philippe Jaenada


[Un tour de périph’]
On quitte Paris en Meriva (je crois que c’est important mais je ne comprends pas tout de suite pourquoi … (mais je constate qu’il y a souvent des parenthèses (dans les parenthèses))). J’apprends rapidement que ce qui caractérise l’auteur c’est justement ces parenthèses : ces digressions, ces divagations, appelez ça comme vous voulez … Ça m’a réellement perturbé au départ et puis finalement j’ai rapidement accroché.

L’auteur se rend à Périgueux, dans les environs du château et commence son récit. On apprend alors à connaitre l’auteur en même temps qu’Henri Girard.

Dans les premiers chapitres Jaenada nous repasse la vie d’Henri Girard en accéléré. Il enchaîne avec les tribulations de Georges Arnaud : sa vie, ses femmes, ses coups d’éclats et son engagement pour les autres.

[Sombre caveau]Intrique et originalité
Deux patronymes et deux vies pour un seul homme : d’Henri Girard à Georges Arnaud que s’est-il passé ? C’est tout l’intérêt de ce livre : rappeler les faits puis envisager une autre version de l’histoire.
L’auteur met un point d’honneur à restituer les faits dans l’ambiance de l’époque. Dans un pays sous l’occupation, encore scindé en deux, le meurtre des derniers proches de Girard a lieu en zone libre. Il nous présente alors tous les personnages qui ont fait l’histoire. Ceux qui étaient là avant, pendant et après Girard. Avec un certain parti-pris.

Il n’hésite pas à placer d’autres personnages rencontrés dans ses récits précédents, Bruno Sulak et Pauline Debuisson, mettant en lumières certaines coïncidences. En effet ce récit c’est beaucoup beaucoup de coïncidences.

[Rira bien …]Facilité de lecture
Si vous avez vu le livre vous savez que c’est un pavé de près de 650 pages. Alors non ce n’est pas forcément facile à lire même si l’auteur a une très bonne plume. Les premières pages sont difficiles à lire, le temps d’apprécié le style de l’auteur sans doute.

[Gentilshommes]Personnages
Henri Girard : sale gosse dira l’auteur. Il a tous les défauts du bon fils de famille trop gâté : il fait son maximum pour désobéir à sa famille, gaspille l’argent, il est violent et colérique … Aussi, après le meurtre des derniers membres de sa famille il dilapidera tout l’héritage, avant de quitter la France – sans argent.

Georges Arnaud (Prénom du père Nom de la mère) : un passage de 2 ans en Amérique du sud va changer Girard, ruiné et seul quand il rentre en France, il réussira à refaire parler de lui en tant qu’auteur du Salaire de la peur (qui a quand même failli s’appeler Le Feu au cul …). Il deviendra alors engagé pour les autres, luttant contre les injustices.

Philippe Jaenada : il aime le whisky, est un brin trouillard mais c’est surtout un auteur et un enquêteur “amateur” investi.

[Ruine] – … Et c’est terminé
Fils imparfait et coupable idéal, une drôle de vie pour cet homme … Ce livre c’est une biographie pour Henri Girard et pour sa « réhabilitation ». Mais … s’il a été innocenté pourquoi le réhabiliter ? Pour la majorité des gens qui l’auront connu il restera coupable des meurtres de son père, de sa tante et de la bonne : pour Philippe Jaenada cette version ne tient pas.


Avis mitigé pour cette lecture : oui c’est un bon livre, sans hésiter ! Cependant c’est très long et j’ai parfois été noyée par les détails (moi qui suis pourtant intéressée depuis longtemps par ce type de fait divers trouble).

De cette sombre histoire de famille, de non-dits, de rancœur et de jalousie, l’auteur fouille tout et met en lumière le destin assez incroyable d’Henri Girard. Avec beaucoup d’humour, il nous ouvre une autre piste – sérieuse – qu’il vient étayer avec beaucoup de justesse.

Je vous conseille ce livre si le triple meurtre du château d’Escoire vous intrigue et si vous aimez les contre-enquêtes bien menées.

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